Abdoulaye Diop : ‘’Le rapport du PEFA est trop en avance sur la législation sénégalaise’’



Dakar, 7 juin (APS) – Le rapport produit à partir des résultats de la deuxième évaluation des performances du système de gestion des finances publiques sénégalaises, suivant l’approche dite PEFA, est trop en avance sur la législation en cours dans le pays, estime le ministre de l’Economie et des Finances Abdoulaye Diop.

‘’Il y a une directive de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) relative à la loi de finances introduite à l’Assemblée nationale. Et, le Sénégal est le premier pays à l’internaliser, mais elle doit être appliquée d’ici 2017’’, a dit M. Diop en marge de l’atelier de restitution de ce rapport, mardi à Dakar.

‘’Si on évalue la gestion des finances publiques par rapport à ces dispositions, il y aura des difficultés d’appréciation et de compréhension’’, a prévenu le ministre de l’Economie et des Finances. A son avis, on ne doit pas juger le système des finances publiques sénégalaises par rapport à une loi non encore votée. ‘’Cela risque de fausser le débat’’, a-t-il encore prévenu.

‘’Mais, globalement, si on doit aller vers la meilleure gestion des finances publiques en nous alignant sur les standards internationaux, nous devons aller vers l’application intégrale de cette loi’’, c’est-à-dire la directive de l’UEMOA relative à la loi de finances, a-t-il toutefois admis.

C’est sur cette base que le Sénégal a accepté de se soumettre de plein gré à cet exercice d’évaluation (PEFA) pour voir les efforts à faire et ce qui peut être fait avant 2017, date d’entrée en vigueur de cette directive devant améliorer la gestion des finances publiques, a ajouté Abdoulaye Diop.

La directive UEMOA, a-t-il précisé, est alignée sur les meilleurs standards internationaux en matière de finances publiques. ‘’Au Sénégal, nous avons pris l’engagement, vis-à-vis du Parlement, d’introduire beaucoup plus de réformes en attendant 2017’’, a-t-il dit.

Le ministre note que déjà, dans la gestion des finances publiques sénégalaises, des progrès ont été relevés dans le rapport, sur le bon niveau de recouvrement des recettes budgétaires et d’exécution du budget par rapport à la loi de finances initiale.

Parmi les bons points du Sénégal, il a cité aussi l’organisation de son département pour maîtriser davantage les risques financiers que les entités autonomes font peser sur la gestion de la trésorerie de l’Etat et le renforcement des règles de passation de marchés.

Il s’agit à travers l’approche PEFA, qui est un outil de suivi intégré, de voir à travers cette évaluation comment le budget de l’Etat est préparé, comment les allocations budgétaires sont réparties et respectées et si les secteurs prioritaires ont été dotés, a expliqué le coordonnateur du Projet de coordination des réformes budgétaires et financières, au ministère de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Dieng.

‘’Le rapport permet aussi de voir la conformité de l’exécution budgétaire par rapport aux directives budgétaires pour voir si en cours de route il y a eu des modifications substantielles qui ont changé la destination’’, a précisé M. Dieng, rappelant que les allocations ont été faites à partir de politiques publiques définies par le gouvernement.

Pour les bailleurs, a ajouté M. Dieng, certaines améliorations sont encore possibles dans la gestion des finances publiques, notamment la nécessité d’étendre aux agences et établissements publics les mêmes exigences de rigueur, de transparence et de reddition de comptes imposées aux services de l’Etat.

La Commission de l’Union européenne et les autres partenaires techniques et financiers du Sénégal restent ‘’résolument engagés à soutenir le gouvernement dans les réformes inspirées des résultats de cette évaluation’’.

L’évaluation faite par un cabinet financier fait état d’un manque d’informations fiables et régulières sur les exécutions budgétaires. Selon le consultant, ces informations de qualité doivent être produites à temps et mises à la disposition des autorités de contrôle externes et internes et à la disposition du public.

Ainsi, en termes de préparation et de prévision, des efforts ont été faits, a-t-il indiqué. Mais, en matière d’exécution, on note en cours de route des modifications qui interviennent par le biais de virements de crédits, ce qui affecte la crédibilité du budget, selon le rapport.

ADL/ESF

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Economie du développement


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