BAKARY SIGNATE, COORDONNATEUR DE LA CAP « L’exécution nationale est un tremplin vers l’appui budgétaire »



La faiblesse des taux d’absorption des ressources extérieures est en phase de devenir un vieux souvenir dans la mise en oeuvre des projets et programmes financés par les partenaires techniques et financiers. Confirmant cet état de fait, le coordonnateur de la Cellule d’appui à la mise en œuvre des projets et programmes (Cap) du Ministère de l’Economie et des Finances, M. Bakary Signaté, en marge de l’atelier de renforcement de capacités organisé à l’intension du Collectif des journalistes économiques (Cojes), du 28 au 31 juillet 2010 à Saly Portudal, pense que l’idéale dans les démarches c’est d’arriver à l’appui budgétaire généralisé. Dans la même foulée, M. Signaté appelle à une perception positive des missions d’audit.

La faiblesse d’absorption des ressources est généralement relevée lors de l’évaluation des projets et programmes. Que la Cap propose pour permettre aux responsables chargés de la mise en œuvre de surmonter cet obstacle ?

Je ne suis pas d’avis que le taux d’absorption est toujours faible. Ce qui avait d’ailleurs poussé la Cellule d’appui à la mise en œuvre des projets et programmes (Cap) de lancer une étude pour prendre date à partir de 2007 dans le cadre d’un rapport intitulé « Rapport de l’absorption des crédits sur ressources extérieures (Rare) » dont la première édition a porté sur l’exercice 2007. Il était question aussi, à travers l’étude, de démontrer le niveau réel de l’absorption des crédits sur ressources extérieures. C’est ainsi que, au titre de l’exercice 2007, nous avons eu un rapport qui a relevé que le taux d’absorption globale des crédits sur ressources extérieures, le taux d’absorption spécifique, le taux d’exécution financière étaient corrects. Par exemple, le taux d’exécution financière pour l’ensemble des projets et programmes du Sénégal, était de l’ordre de 72 %. Ceci sur un échantillon qui représentait plus de 52 % du volume financier du Sénégal. Nous avions pris six bailleurs puisse qu’il était difficile pour une première édition d’étendre l’échantillon à tous les bailleurs de fonds. Nous avions choisi trois bailleurs multilatéraux, trois bailleurs bilatéraux et l’échantillon nous semble suffisamment représentatif. L’année suivante, donc pour l’exercice 2008, nous avons élargi l’échantillon en augmentant le nombre de bailleurs multilatéraux à cinq ainsi que les bailleurs bilatéraux pour le même nombre et nous avons constaté que c’est vrai qu’il n’y a pas eu de progrès mais il n’y a pas eu de régression aussi. On est resté dans les mêmes niveaux d’exécution. Donc au total, on est bien fondé à dire que le taux d’absorption par rapport aux résultats de l’étude, n’est pas faible. Auparavant, tout le monde disait que le taux est faible sans pouvoir dire à combien il se situait. Je crois qu’aujourd’hui, sur la base de cette étude, on est fondé à apporter des contres arguments.

L’appui budgétaire est maintenant très prisé par les partenaires techniques et financiers. A la Cap ont parle d’exécution nationale dans la mise en œuvre des projets et programmes financés par le système des Nations Unies. Est-ce à dire que cette démarche est à la mieux indiquée pour l’ensemble des projets du Sénégal ?

L’idéal c’est qu’on arrive à l’appui budgétaire généralisé puisse qu’en ce moment c’est des procédures unifiées. Mais, lorsque nous parlons d’exécution nationale, nous pensons que c’est un tremplin, une transition vers l’appui budgétaire. Aujourd’hui, ce n’est pas tous les bailleurs qui sont tournés vers l’appui budgétaire. Il y’en a qui sont dans cette forme d’exécution, il y en a qui sont dans d’autres. Dans le cadre du système des Nations Unies, nous sommes en train de poursuivre dans la modalité exécution nationale mais avec l’appui budgétaire, c’est l’exécution nationale par excellence. Nous ne disons pas qu’il faut privilégier l’exécution nationale au détriment de l’appui budgétaire puisse que l’idéal c’est d’arriver à l’appui budgétaire généralisé. Je dis que l’appui budgétaire étant peut être l’objectif ultime, l’exécution nationale peut être un passage pour adoucir l’atterrissage vers cette première démarche.

Dans son domaine de compétence la Cap participe dans la supervision des opérations d’audit de certains projets. Aujourd’hui, on constate que les missions d’audit sont perçues comme étant des opérations de répression. Est ce une bonne perception ?

Je crois que c’est la communication qui fait défaut au point que les gens perçoivent l’audit comme une chasse aux sorciers. De notre point de vu, l’audit c’est le cour normal des choses. L’audit c’est la vérification de la gestion d’un projet. Lorsqu’on vous confie une chose publique ou privée, vous vous devez de rendre compte. Une des façons de rendre compte c’est peut être des rapports financiers, des rapports d’activité. Au terme d’un exercice annuel, il est important qu’on procède de façon indépendante à la vérification des comptes. Mais le sens que nous donnons à l’audit, c’est un caractère pédagogique, didactique en ce sens qu’il s’agit de relever les contre performances surtout, pour tenter de les remédier, apporter ensemble une analyse critique, voir ce qui a marché, ce qui ne l’a pas été, pourquoi, et qu’est ce qu’il faudrait faire pour améliorer tout cela. C’est ça notre compréhension de l’audit et conformément aux engagements du pays par rapport aux différents donateurs, nous devons de rendre compte de la façon dont les ressources confiées à la gestion du Sénégal ont été utilisées. Au terme de l’année, le rapport d’audit me semble tout à fait indiqué, surtout lorsqu’il est conduit par un cabinet indépendant d’experts. Je pense que ce rapport est tout à fait indiqué pour honorer cet engagement du gouvernement du Sénégal pour rendre compte de l’utilisation des ressources confiées à sa gestion.

Bacary DABO
Sud Quotidien

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Economie du développement


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