Demandes massives de prêts et de subventions des états : Le Canada soulage la Bad par un appui de 2,6 milliards de dollars



La Banque africaine de développement pourra désormais faire face aux nombreuses sollicitations de prêts des Etats africains grâce à un soutien financier de près de 2,6 milliards de dollars que vient de lui accorder le Canada. Cette manne financière annoncée récemment par le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, est inespérée pour la Bad qui de par sa position est obligée de hausser ses appuis à la quasi-totalité de ses membres secoués par la crise financière. Elle permet à la Bad d'accroître de 75 % ses capacités de prêts et au Canada de porter sa quote-part au niveau de la Banque à 200 %.

(Correspondant permanent Montréal) - Dans le chronogramme retenu par la dernière assemblée générale de la Banque africaine de développement (Bad) à Dakar, il était surtout question pour la plus grande institution financière du continent d'augmenter ses prestations financières pour aider ses membres emprunteurs à soutenir les chocs exogènes et endogènes liés à la crise financière actuelle. La multiplication des demandes, adressées à la Bad en raison de la crise économique mondiale, a poussé à ses limites ses capacités de prêts. Les demandes de prêts et de subventions devraient, en effet, plus que tripler en 2009 par rapport à l’an dernier pour atteindre l’équivalent de 9,65 milliards d’unités de compte, soit environ 15,3 milliards de dollars Us. La Banque devrait manquer de trois milliards de dollars de liquidités au cours des deux prochaines années. L’augmentation temporaire du capital exigible aidera la Banque à se financer en attendant de trouver des ressources permanentes pour absorber la demande croissante.

Le Canada ôte ainsi une énorme épine du pied à la Bad qui grâce aux 2,6 milliards de dollars accordés ce 25 septembre par Ottawa est aujourd'hui en mesure de respecter ses engagements et même de hausser ceux-ci de 75 % en 2010. Les services du Premier ministre Stéphen Harper estiment que ‘l’initiative prise par le Canada de mettre temporairement à disposition de la Banque africaine de développement 2,6 milliards de dollars Us représente un accroissement de 200 % de notre quote-part. Ceci constitue un autre exemple de l’engagement du Canada envers l’Afrique’.

A Ottawa, on indique aussi que ‘l’investissement en capital fait par le Canada dans les banques régionales de développement, dont la Bad, est une combinaison de capitaux d’apport (apport en numéraire) et de capitaux exigibles. Le capital exigible garantit aux actionnaires que la Banque est en mesure d’utiliser au besoin cette partie du capital souscrit pour assumer ses obligations d’emprunt. En souscrivant temporairement à d’autres parts du capital exigible, le Canada augmente le montant des garanties fixes, de sorte qu’à court terme, la capacité de prêt de la Bad sera directement majorée du même montant, et ce, jusqu’à ce qu’elle ait trouvé des ressources permanentes pour accroître son capital de base’.

Le Canada détient actuellement 81 648 parts de la Bad, soit un investissement en capital souscrit de 816,48 millions d’Uc, dont 81,75 millions sont des capitaux d’apport et 734,73 millions des capitaux exigibles. Souvent critiqué par ses opposants, par les membres de la société civile et même par le Sénat sur la faiblesse de son aide au développement et le non-respect de ses engagements internationaux, le Canada démontre par cet appui à la Bad qu'il est loin des clichés scotchés à son image. D'ailleurs, le cabinet du Premier ministre, Stéphen Harper, précise qu'en tant que membre actif de nombreuses institutions financières internationales, le Canada a beaucoup appuyé ces dernières à être plus opérationnelles en termes de ressources et d'outils pour faire face à la crise économique mondiale. ‘Le Canada a plus particulièrement versé des contributions substantielles en vue d’accroître les ressources du mécanisme de crédits bilatéraux du Fonds monétaire international (Fmi) et du Programme de liquidités pour le commerce mondial de la Société financière internationale. Ottawa a aussi doublé temporairement son capital exigible à la Banque interaméricaine de développement en vue de hausser immédiatement la capacité de prêt de la Banque pour qu’elle puisse faire face aux répercussions de la crise financière dans les Amériques. Le Canada s’est joint à d’autres membres de la Banque asiatique de développement et a approuvé une augmentation de 200 % de ses capitaux en vue de l’aider à prendre des mesures énergiques pour pallier la crise tout en poursuivant les efforts de développement et de réduction de la pauvreté à long terme. Le Canada continue de participer aux discussions permanentes sur des capitaux adéquats pour les autres banques régionales de développement’, précise le cabinet du Premier ministre canadien.

Abdou Karim DIARRA
Wal Fadjri

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Economie du développement


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