Le 17 décembre, l’OCDE, la BVC et MFB planchent sur le sauvetage de la Bourse de Casablanca



La grande réforme de la Bourse de Casablanca attendue pour mettre un socle solide au projet Casablanca Finance City, celui d’une place financière internationale, devrait sortir certainement de l’évènement organisé lundi prochain, 17 décembre, à Casablanca dans un palace de la place. En effet, des ateliers d’experts vont travailler toute une journée sur les priorités à mettre en oeuvre pour un développement rapide et efficace du marché financier marocain.

C’est précisément avec le Groupe de travail de l’OCDE sur les bourses MENA que se réuniront tous les métiers financiers de la place de Casablanca, de l’autorité de tutelle du marché, la bourse, Maroclear, mais aussi des sociétés de bourse, gestionnaires de fonds et autres banques d’affaires …

Si la bourse de Casablanca a connu un développement certain tant par le nombre des sociétés cotées que le volume des transactions au cours de la dernière décennie, elle a aujourd’hui de nouveaux défis à relever. Avec le projet de place financière internationale, les prétentions de notre marché de devenir un hub entre l’Occident et l’Afrique lui imposent de se mettre aux normes internationales. Pour ce faire, la bourse doit se renforcer techniquement et commercialement. Parmi les urgences pour son nouveau positionnement, de nouvelles mesures d’intégration à la côte des PME, socle de l’économie marocaine, s’imposent. Il faut vaincre les difficultés des entreprises familiales à sauter le pas de l’introduction en bourse.

Il s’agit aussi de renforcer son système informatique de cotation pour lui permettre de se hisser au niveau des bourses de plus en plus concentrées qui brassent des volumes importants de transactions au niveau régional, voire international.

Mais avant tout chose, la Bourse de Casablanca doit être démutualisée, sachant que la loi relative à la sortie des sociétés de bourse de son tour de table a déjà été votée et approuvée.

Avec CFC, de gros efforts sont déployés, particulièrement sur le plan fiscal, par le gouvernement pour promouvoir l’image du Maroc en tant que destination attrayante pour les investissements de portefeuille, mais encore faut-il que la place financière soit plus compétitive.

Il s’avère que la Bourse de Casablanca participe activement au groupe de travail de l’OCDE des bourses de la région MENA . Ce dernier se compose des représentants des bourses, des régulateurs de valeurs mobilières et d’autres experts en provenance des économies MENA ainsi que leurs homologues des pays membres de l’OCDE.

Ce Groupe de travail de création récente, a tenu sa première réunion le 5 Juillet 2011 au siège de l’OCDE à Paris et une deuxième réunion le 22 Juin 2012 à Istanbul. Son leitmotiv est l’attraction des bourses et leur démutualisation, deux sujets qui relèvent des deux problèmes cruciaux de la bourse marocaine et qui seront au centre de la réunion fermée, car la presse n’y est pas invitée, de lundi prochain.

Parmi les sujets traités et après les présentations de la bourse et de CFC, les intervenants de l’OCDE plancheront sur les développements internationaux de l’industrie boursière qui se sont particulièrement accentués sur les deux dernières décennies.

Quatre sessions pour tout comprendre!

Les bourses ont connu la concurrence croissante des plates-formes de négociation alternatives en Europe et en Amérique du Nord, ce qui a entraîné une migration de la négociation qui ne se fait plus sur les marchés réglementés.

C’est ainsi que les thèmes qui seront approfondis au cours de cette journée toucheront à ces évolutions mondiales et tout particulièrement celles intervenues dans la région MENA, à la lumière du durcissement de la réglementation des valeurs mobilières, de la démultiplication et de la concurrence accrue des plate-formes de négociation non réglementées.

Précisément, quatre panels traiteront successivement:

De la démutualisation, le modèle d’organisation et l’attrait des PME.

La transition vers le modèle de propriété démutualisée ou privé pour les bourses a commencé par de la démutualisation de la Bourse de Stockholm en 1993. Suite à cette expérience, la plupart des grandes bourses internationales ont été démutualisées.

Dans la région MENA, l’intérêt pour la démutualisation se développe et un certain nombre de bourses envisagent cette option.

Tout particulièrement, l’examen des perspectives de «demutualising» de la Bourse de Casablanca sera étudié à travers un examen des avantages et inconvénients potentiels.

Un benchmarking des expériences similaires sera mis en avant pour faire basculer la décision définitive de franchir ce pas. Peut-être même qu’un calendrier d’exécution s’imposerait par rapport aux différents projets de notre place financière.

Mais surtout quelles seront les modifications en matière de régulation du marché qui en découleront ? Quel type d’organisation devrait les accompagner pour faire face conflits d’intérêts potentiels et affirmer la compétitivité de la bourse?

Les réponses à ces questions seront traitées par le second panel, celui consacré au choix du modèle organisationnel

L’industrie boursière connait un grand débat sur le choix de la structure organisationnelle optimale pour les bourses. Deux modèles d’organisation de marchés efficaces et performants se confrontent, l’horizontal et le vertical. L’étude de chacun s’impose pour un choix adapté à Casablanca pour la rendre plus attractive.

La bourse veut une plateforme multi-actifs et multi-places, elle se doit d’intégrer l’ensemble des classes d’actifs , les actions, les obligations, les devises, les produits dérivés , les produits de taux, les matières premières, dans la perspective de la création de la place financière internationale à Casablanca.

Mais, ce choix dépend aussi de la forme organisationnelle qu’adoptera la bourse, en silo (verticale) ou pas. L’organisation en silo correspond à l’intégration totale entre le dépositaire central, la chambre de compensation et la bourse elle-même. Certes, on constate aujourd’hui que le traitement des opérations de marchés, au niveau mondial évolue vers ce type d’organisation qui semblerait être un système plus efficace. Il consiste en une seule institution qui peut tout traiter de la transaction, au dépositaire en passant par la compensation.

Cette organisation a prévalu sur celle en unités séparées en Allemagne, en Espagne, au Brésil, aux Iles Maurice et en Afrique du Sud, en Malaisie et à Singapour.

L’intérêt de ce type d’organisation porte sur la réduction des coûts du simple fait qu’il n’y a plus qu’une seule direction informatique commune au marché boursier, au dépositaire et à la chambre de compensation des titres.

Mais comment basculer vers ce type d’organisation quand l’on sait que le système d’information récent de Maroclear intègre déjà ces possibilités ? Faut-il réinvestir dans un système d’informations identique pour la bourse?

Par ailleurs notre marché n’estt pas doté d’une chambre de compensation, dont l’avantage est de réduire les risques, parce que les protagonistes sont les intervenants sur le marché.

De même que les banques, quand elles ont affaire à une chambre de compensation, ne sont pas obligées d’avoir les capitaux propres pour faire face aux risques de contre parties, ce qui améliore leurs ratios prudentiels. Celle-ci peut -elle être logée à la bourse ?

Certes, en Afrique du Nord, aucun pays ne dispose d’une chambre de compensation, mais dans le cadre de CFC, la chambre de compensation pourrait être une exigence des investisseurs étrangers.

Finie l’entreprise de Papa !

L’autre défi de taille pour la bourse de Casablanca repose l’attraction des PME. Un troisième panel sera consacré à l’étude des règles de cotation pour les rendre plus incitatives pour les PME, qui sont souvent des entreprises familiales.

Il s’agit donc de mettre en exergue les alternatives de financement qui s’offrent aux sociétés cotées. Il s’agit aussi de mettre à plat les différents compartiments d’accueil de ces sociétés à la cote et les conditions d’introduction en bourse eu égard aux préoccupations des PME en termes de complexités juridiques, de coût, de dilution du contrôle.

Les mesures actuelles de soutien prises par le gouvernement pour inciter les PME à s’introduire en bourse ne seraient peut être pas suffisantes ?

Que fait-on ailleurs dans d’autres pays émergents? Quels sont les exemples pertinents dont la Bourse de Casablanca peut s’inspirer pour attirer les PME ?

Toutes ces questions ont été déjà été identifiées lors des différents événements qui portaient sur la crise boursière, les nouvelles réformes nécessaires au décollage du marché financier ou encore comment réussir la création d’une place financière internationale avec une bourse moribonde… Espérons que ce séminaire sera le bon et que les participants marocains se mettront d’accord sur la voie à suivre pour une réforme globale qui englobe toutes les exigences d’un marché efficient, compétitif pour une plate forme financière future attractive qui rapproche les pays occidentaux du Maghreb et de l’Afrique….

Afifa Dassouli

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Quatre sessions autour des problématiques financières et boursières

La Bourse des Valeurs de Casablanca, le Moroccan Financial Board et l’OCDE organisent lundi 17 décembre dans la métropole économique une conférence internationale consacrée aux problématiques boursières et financières actuelles.

Cette manifestation verra la participation d’éminentes personnalités nationales et étrangères notammant de l’OCDE qui co-organise cet évènement avec la bourse et CFC, des financiers, des universitaires, des gérants de fonds, des managers de banques d’affaires ou encore des dirigeants de places financières du pourtour méditerranéen et du Sud de l’Europe.

Voici la liste des intervenants.

Les interventions préliminaires seront prononcées par MM. Karim Hajji, Président Directeur général de la Bourse de Casablanca, Saïd Ibrahimi, Président Directeur général du Moroccan Financial Board et Mme Alissa Amico, Responsable des questions financières pour la Zone MENA à l’OCDE.

La première session sera dédiée aux évolutions internationales qui caractérisent les marchés financiers et les places boursières.

Elle sera animée par M. Huseyin Erkan, de Turquie, Secrétaire général du WFE, le Dr Reena Aggarwal, Professeur en Business Administration & Finance à Georgetown University, Etats-Unis, M. Yasser Akkaoui, Président de Capital Concept, Liban et M. Younes Benjelloun, Président Directeur général de CFG Group, Maroc.

La seconde session de la matinée du 17 décembre sera consacré aux définitions et défis de la Démutualisation. Les intervenants y seront M. Mohamed Rachid, Responsable de l’environnement des Affaires au Moroccan Financial Bord, Maroc, le Professeur Reena Aggarwal de Georgetown University, le Dr Sahira Abdel Shahid, Conseillère du Président de la Bourse du Caire, Egypte, M. Youssef Benkirane, Président de l’Association professionnelle des Sociétés de Bourse, APSB, Mme Fouzia Zaaboul, Directeure du Trésor au Ministère de l’Economie et des Finances, Maroc.

Enfin, pour la troisième session de la matinée du lundi 17 décembre, consacrée au développement de la Bourse et à son modèle organisationnel, ce panel sera animé par MM. Karim Hajji et Husyin Erkan, déjà cités, M. Mustapha Baltaci, Vice-président exécutif de la Bourse d’Istanbul, Turquie, Sami Chabenne, Associé et Directeur exécutif du Boston Consulting Group, Maroc, et Mme Fathia Bennis, PDG de Maroclear, Maroc.

La session de l’après-midi sera consacrée à l’attraction des PME. Elle sera animée par M. Rachid Belkahia, Président du Conseil de la Gouvernance des Affaires, Maroc, M. Mustapha Baltaci, déjà cité, le Dr Harilaos Mertzanis, Directeur des Recherches à la Commission grecque des marchés de capitaux, Grèce, Mme Sabriela Figueiredo Dias, Directeur adjoint de la Commission des marchés financiers, Portugal, Mme Latifa Chihabi, PDG de l’ANPME, Maroc et M. Zakaria Fahim, Associé dirigeant de BDO Sarl, Maroc.


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Economie du développement


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