Les pays en développement domineront l’épargne et les investissements d’ici à 2030



La part des pays en développement dans les investissements mondiaux va passer du simple au triple d’ici à 2030, annonce le rapport « Global development horizons ». L’Afrique subsaharienne sera la seule région qui ne subira pas de baisse de son taux d’épargne.
Les pays en développement domineront, dans moins d’une génération, l’épargne et les investissements mondiaux, annonce le dernier rapport « Global development horizons » (Gdh), intitulé Capital for the Future : Saving and investment in an interdependent world (« Les capitaux de demain : épargne et investissement dans un monde interdépendant »). D’ici à 2030, ces pays, principalement ceux d’Asie et d’Amérique latine, abriteront la moitié des capitaux mondiaux, soit 158.000 milliards de dollars contre un tiers aujourd’hui. L’Afrique subsaharienne sera la seule région qui n’enregistrera pas de baisse de son taux d’épargne, à condition qu’il y ait un développement modéré des marchés financiers puisque le vieillissement de sa population n’est pas assez significatif. La Chine épargnera beaucoup plus que les autres pays en développement, avec 9000 milliards de dollars (en 2010), ensuite vient l’Inde (1700 milliards de dollars), dépassant les niveaux d’épargne du Japon et des Etats-Unis dans les années 2020.
Le rapport prévoit un taux d’investissement stable en Afrique subsaharienne, du fait d’une forte croissance de la population active. Si le scénario d’une croissance plus rapide se présente, les pays subsahariens les plus pauvres pourraient connaître un développement plus marqué des marchés financiers, et les investisseurs seraient de plus en plus attirés dans la région. Avec une population la plus jeune au monde, l’Afrique subsaharienne aura grand besoin d’investissements en infrastructures au cours des vingt prochaines années (en pourcentage du Pib), indique le rapport. Le document annonce aussi un changement dans le financement des investissements en infrastructures qui devrait davantage être ouvert au secteur privé, avec une hausse conséquente des afflux de capitaux privés en provenance des autres régions en développement.

Une baisse de l’épargne plus forte en Europe et en Asie centrale
Quant à l’Asie de l’Est et le Pacifique, ils connaîtront une baisse de taux d’épargne et une chute plus forte de taux d’investissement. Mais cette région verra sa part dans l’investissement et l’épargne continuer à augmenter au plan mondial jusqu’en 2030 grâce à une croissance économique solide. Tout comme l’Afrique, l’Asie de l’Est et le Pacifique pourraient compter sur un fort dividende démographique, avec moins de quatre personnes d’âge non actif pour dix d’âge actif.
Cette région sera confrontée à un ralentissement de la croissance de la population, elle pourra afficher, en 2040, l’un des taux de dépendance les plus élevés de toutes les régions en développement, avec plus de 5,5 personnes d’âge non actif pour 10 personnes d’âge actif. La Chine continuera à connaître d’importants excédents de la balance des opérations courantes, grâce à de fortes baisses de son taux d’investissement liées à l’évolution du pays vers un système de plus faible engagement public dans les investissements.
En stade de transition démographique, l’Europe et l’Asie centrale seront les seules régions à vivre une croissance démographique nulle d’ici à 2030. Le vieillissement de la population conduira à un ralentissement de la croissance économique de la région, ce qui pourrait entraîner une baisse du taux d’épargne plus forte que dans les autres régions en développement, sauf en Asie de l’Est. Le rapport annonce même une baisse du taux d’épargne au-dessous du taux d’investissement, conduisant cette région à attirer les flux de capitaux extérieurs pour financer ses investissements. Le vieillissement de sa population exercera sur la région une importante pression budgétaire. Les dépenses de retraites publiques et de santé pèseront lourd sur ces pays. La Turquie, par exemple, pourrait voir augmenter de plus de 50 % ses dépenses de retraites publiques d’ici à 2030.
Etant une région où l’épargne est traditionnellement faible, l’Amérique latine et les Caraïbes pourraient occuper la dernière marche dans ce domaine en 2030. Le rôle positif que pourrait jouer la démographie pourrait être neutralisé par le développement du marché financier, qui réduit l’épargne de précaution, et une croissance économique modérée. Le Moyen-Orient et l’Afrique du nord peuvent compter sur une importante marge de développement du marché financier capable de soutenir l’investissement, mais l’épargne pourrait être réduite à cause du vieillissement de la population.
Il faudra alors craindre une baisse modérée des excédents de la balance des opérations courantes jusqu’en 2030, en fonction du rythme du développement du marché financier. En phase de transition démographique relativement précoce, la région pourrait glisser vers une structure composée de ménages plus petits avec une plus grande dépendance des personnes âgées vis-à-vis des revenus patrimoniaux.
La région qui connaîtra le plus d’épargne et d’investissement jusqu’en 2030, ce sera l’Asie du Sud. Les taux d’investissement resteront élevés alors que l’épargne baissera considérablement, occasionnant d’importants déficits de la balance des opérations courantes.
Région jeune, l’Asie du Sud aura, vers 2035, le plus haut ratio au monde des personnes d’âge actif par rapport aux personnes d’âge non actif. La part de cette région dans les investissements globaux devrait presque doubler dans le secteur manufacturier et gagner au moins huit points de pourcentage dans le secteur des services.

Malick CISS
Le Soleil

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Economie du développement


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