Malhuret : « Non, nous ne sommes pas dans une dictature ! »



Face à ceux qui crient à la dictature, le sénateur de l’Allier Claude Malhuret prend son mal en patience. D’abord médecin épidémiologiste à l’OMS dans les années 1970, l’homme prend ensuite la tête de Médecins sans frontières de 1978 à 1986. Celui qui est aussi à l’origine du site Internet Doctissimo se bat contre ces « dingues qui s’insurgent pour tout et rien », se positionnant en faveur de la vaccination obligatoire.

Le Point : Vous avez toujours été plutôt en accord avec la politique vaccinale. Aujourd’hui, que pensez-vous du pass sanitaire ? Est-ce le meilleur moyen de retrouver une vie normale ?

Claude Malhuret : Je ne sais pas si les gens comprennent ce qui est en train de se passer, mais c’est très grave. L’épidémie flambe à une vitesse dingue. La question que tout le monde doit se poser en ce moment est : est-ce que la vaccination va rendre l’épidémie contrôlable, c’est-à-dire avec peu d’hospitalisations, ou alors on aura perdu la course, avec des hôpitaux saturés ? Macron a très bien compris qu’on est en train de perdre, il a eu raison de prendre ces mesures. Et encore, je suis moi-même favorable à la vaccination obligatoire, beaucoup plus simple et, je crois, mieux acceptée par la population car mieux comprise. L’option choisie par le président – le pass sanitaire – est quand même gorgée d’hypocrisie, c’est un peu une obligation qui ne dit pas son nom, c’est quand même beaucoup moins clair que l’obligation vaccinale. Mais tant mieux si elle permet d’enrayer l’épidémie. Il y a tout de même quelque chose auquel je n’arrive pas à me faire. En 2018, Macron et Buzyn ont rallongé la liste des vaccins obligatoires, passant de 3 à 11 pour les enfants de moins de 2 ans. Les journaux ont très peu évoqué le sujet et personne ne s’en est plaint ! Je trouve incroyable qu’on fasse aujourd’hui du vaccin une affaire d’État…

Mais je m’aligne, je prends acte. À défaut d’avoir obtenu la vaccination obligatoire, je soutiens une mesure plus ou moins équivalente. L’option du pass sanitaire commence à porter ses fruits ; 3 millions de rendez-vous pris en trois jours, c’est un bon chiffre. Et, si le pass sanitaire est discuté, n’oublions pas que Macron n’est pas président pour gérer l’intendance. Son rôle est de déclencher une action et, jusqu’à présent, l’effet voulu a été obtenu.
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