Mise en œuvre du programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest : Des résultats encourageants malgré quelques contraintes



Malgré les difficultés liées à la mobilisation de financement, la mise en œuvre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao) se déroule bien. C’est le constat fait hier par les experts des différents pays membres de ce programme fédérateur lors de la tenue à Dakar des 4e assises de son Comité régional qui se tiennent du 24 au 28 octobre à Dakar.

Améliorer la productivité agricole en Afrique de l’ouest, donner et faire bénéficier de ses résultats à l’ensemble des pays de la sous-région. C’est, entre autres, l’un des objectifs du Programme régional de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao) dont le comité de pilotage tient présentement à Dakar ses 4èmes assises. Dr Paco Sérémé du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf), à qui la Cedeao a confié la mise en œuvre du projet, pense en effet que les crises de 2003, 2005 et de 2008 ont révélé l’occurrence des multiples défis de la situation alimentaire dans nos pays et dans le monde. Partant de ce constat, le ministre de l’Agriculture, Khadim Guèye, qui présidait l’ouverture officielle des travaux, salue la pertinence de ce programme fédérateur. Initié par la Cedeao, avec l’appui financier de la Banque mondiale, ce programme a pour objectif de soutenir la coopération régionale en matière d’agriculture en Afrique de l’ouest en améliorant la productivité agricole et ainsi offrir aux pays de la Cedeao les capacités de relever les défis de l’insécurité alimentaire qui risquent de se présenter avec le rythme de croissance de la population.
Ces assises, qui interviennent quatre ans après le début de la mise en œuvre du programme, permettent ainsi de tirer le bilan et de discuter sur les réalisations, les limites et les perspectives du programme. ‘Ces trois journées sont importantes car elles vont permettre d’évaluer ce qui a été fait jusqu’ici et de réfléchir sur les contraintes à lever ainsi que les facteurs les plus importants pour faire réussir le programme très rapidement’, déclare le ministre de l’Agriculture.
S’agissant des réalisations faites jusqu’à présent dans le cadre du Ppaao, Khadim Guèye informe que les trois pays pilotes, que sont le Sénégal, le Mali et le Ghana, ont découvert des variétés importantes de produits agricoles. Le programme a, selon lui, permis d’homologuer 16 variétés de riz au Sénégal, 3 au Mali et 4 variétés de manioc au Ghana. Il a également facilité, grâce à des échanges et visites scientifiques, les partages de savoirs et d’expériences entre les pays de la sous-région, renforçant ainsi la collaboration régionale chère au Ppaao.
Pour le Sénégal, à la fois acteur central et bénéficiaire de ce programme, les exigences sont nombreuses. Elles s’inscrivent, en effet, dans le cadre de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), lancée en 2008 par le président Wade. Mais aussi, précise le ministre, dans la recherche pour trouver des variétés mieux adaptées au climat, dans la valorisation des productions agricoles et dans la mise en marché de ces produits. Et pour répondre à ces exigences, le programme a défini trois composantes majeures. Il s’articule autour de la recherche, de la production elle-même, qui va avec une nécessaire vulgarisation de ses découvertes, et enfin de l’appui qui est fait pour la transformation des produits agricoles. Mais, conscient du travail non négligeable restant à effectuer, Khadim Guèye estime que, malgré les résultats satisfaisants, des efforts restent à faire pour la diffusion des technologies. Mais, pour lui, la question de la motivation des chercheurs et de l’amélioration de leur statut, demeurent des contraintes majeures dans les Centres nationaux de spécialisation.
Pour le directeur du Coraf, Dr. Paco Sérémé, les contraintes rencontrées par le Ppaao sont également d’ordre administratif. Car, dit-il, son financement est lié à une procédure qui peut parfois ‘traîner’. Mais, confiant, il soutient qu’aujourd’hui tous les pays ont presque rempli toutes les conditions nécessaires pour l’intégrer et le mettre correctement en œuvre. ‘En fin d’année, au plus tard début 2012, le programme sera effectif dans les 13 pays concernés. Et on va, d’ici juin 2012, qui marque la fin de la première phase (suite à une période de 5 ans, Ndlr) atteindre les objectifs du programme dans les trois pays pilotes, avant d’entamer la deuxième phase’, déclare-t-il. A noter que les deux pays de l’espace Cedeao, qui n’ont pas encore intégré le programme, à savoir la Guinée et le Cap-Vert, vont le rejoindre d’ici juin 2012.
RESULTATS DU PPAAO : Les femmes de Casamance lancent le vinaigre de mangue
La Casamance, loin d’être qu’une terre de conflits, est également une région riche qui offre en quantité et en qualité des mangues. Mais, faute de transformation ou de moyen de conservation, le produit n’est pas exploité à sa juste valeur, et est donc souvent gaspillé. Fort de ce triste constat, des femmes casamançaises structurées depuis 2005 autour du groupement d’intérêt économique ‘Waare Productions’, et en partenariat avec le pôle technique agro alimentaire de l’Institut de technologie alimentaire (Ita) de Dakar, ont décidé de valoriser ce produit. Ce, à travers sa transformation en vinaigre. Aussi improbable que cela puisse paraître, l’utilisation la plus pertinente du fruit s’est faite. Et le produit, exposé hier lors des 4e assises du Comité de pilotage du Programme régional de productivité agricole en Afrique de l’ouest, ne finit pas de convaincre et de séduire les visiteurs.
La présidente de ce Gie Waare, par ailleurs chargée de production de l’usine de vinaigre, Seynabou Goudiaby, qui raconte la prise de conscience par les femmes productrices de vinaigre, souligne, cependant, que leur structure reste confrontée à l’épineux problème du financement. Lequel plombe encore le développement de ce business, même si des partenaires ont appuyé ce projet jusqu’ici. Autre problème qui freine les ambitions de ce vinaigre dont ses promotrices vantent les vertus, la commercialisation. Le produit est, en effet, encore méconnu du grand public. A court de moyens financiers permettant de mettre en œuvre leur plan marketing, ses femmes écoulent difficilement le produit dans le circuit de distribution des produits alimentaires. Cela, même si les personnes qui l’ont expérimenté lors des différentes foires commerciales saluent son succès.
Anaïs TANKAM (Stagiaire)
Wal Fadjri

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