PROGRAMME MAIS : Combler le gap de 1,6 million de tonnes en Goana2



Contrairement à la pratique classique qui consiste à produire pour ensuite trouver des débouchés, l’Agence de régulation des marchés (Arm) innove en initiant une réflexion en amont entre les acteurs de la filière maïs. L’objectif de 2 millions de tonnes est réalisable, selon le Directeur général Mbaye Kébé et ses collaborateurs qui entrent ainsi de plain pied dans l’An II de la Goana.

Depuis le lancement du programme maïs en 2003, jamais le Sénégal n’avait atteint la production de 2008 estimée à 397.000 tonnes. Pour autant, l’on est encore loin de l’objectif de 2 millions de tonnes fixé par le président Wade au lancement de la Goana. Pour l’an II de cette initiative qui vise, entre autres, à réaliser l’autosuffisance alimentaire et à résorber le déficit de la balance commerciale, l’Arm, qui a été chargée de la commercialisation des produits Goana, entend innover en anticipant par la création du marché, d’autant que des débouchés à terme ont été identifiés. Une autre manière de développer l’agriculture non par les incitations, comme la fourniture d’intrants et les subventions, mais par la maîtrise, d’amont en aval, de l’ensemble de la chaîne de production et d’écoulement. Réunissant les acteurs de la filière, le directeur général Mbaye Kébé et son directeur de l’exploitation Samba Oumar Ndiaye, qui avaient à leurs côtés divers agents des services du ministère de l’Agriculture (Da, Daps), entament ainsi une action inédite, en phase avec les recommandations du président Wade qui les a instruits de mettre sur pied un comité de suivi et de contrôle pour un bon déroulement de la matrice d’actions que l’Agence a mises au point. En effet, face aux représentants des organismes acheteurs (industriels, commerçants, etc.), des producteurs et des associations de consommateurs (Ascosen, Adeteels, Uncs), les contraintes ont été passées en revue pour trouver des voies de solution qui motivent les paysans à combler le gap de 1,6 million de tonnes. A commencer par le fait que pour une demande intérieure de seulement 200.000 tonnes, le Sénégal devait faire état d’excédents et même exporter du maïs. De sorte qu’il y a des zones d’ombres à éclaircir, notamment sur la matérialité de cette production ou alors sa destination, puisque les industriels et les aviculteurs, tout comme les commerçants et les femmes transformatrices ont plutôt fustigé les déficits dans l’approvisionnement. Les prix trop élevés relativement au maïs importé, le manque d’organisation de la filière, la Tva (18 %) sur les produits transformés n’ont pas été en reste. Autant de questions que l’Arm a mises dans la corbeille du Comité de suivi et de contrôle associant tous les acteurs. A noter que la Compagnie nationale d’assurance agricole, créée en février à l’initiative de l’Etat et avec le soutien de la Banque mondiale, accompagne désormais le processus.

Fara Sambe
Le Soleil

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