Recherche agricole : L’Isra veut une meilleure vulgarisation de ses résultats



Promouvoir une appropriation judicieuse des résultats de ses recherches par les paysans sénégalais.Voilà l’ambition que veut désormais atteindre l’Institut sénégalais pour la recherche agricole (Isra) qui organise depuis hier un atelier à cet effet.

Faire en sorte qu’il y ait une meilleure appropriation des résultats de ses recherches. C’est là, l’objectif que l’Institut sénégalais pour la recherche agricole(Isra) s’est assigné pour mieux divulguer les résultats de la recherche. Qui pour la plupart sont, selon les acteurs, rangés dans les tiroirs ou appliqués dans d’autres pays de la sous-région. Macoumba Diouf, le directeur de l’Isra souhaite ainsi donner une nouvelle impulsion à l’utilisation de la recherche agricole nationale qui a sa clientèle et qui doit occuper une place stratégique dans la vie des acteurs du développement agricole dans le dessin de promouvoir une agriculture familiale durable permettant une sécurité alimentaire de toutes les franges de la population. ‘Le long et exaltant chemin pour l’expansion de notre agriculture passe par une bonne dissémination des résultats de la recherche. Les petits producteurs, mais aussi les grands exploitants doivent aisément se servir des résultats de la recherche’, a déclaré Macoumba Diouf hier à la cérémonie d’ouverture de l’atelier de partage sur l’état des lieux de la dissémination des résultats de la recherche.

Pour ce dernier, il est attendu que des outils pertinents, en fonction de contexte agricole, puissent être identifiés, expérimentés par la suite et suivis pour améliorer le système de dissémination des résultats de la recherche et de réduire la pauvreté des couches les plus vulnérables, notamment les femmes à faibles revenus. Mais, Diouf pense que ce processus est une activité transversale qui requiert la synergie de tous les acteurs en jeu. Car, à son avis, le chercheur doit conduire les recherches sur les contraintes ou difficultés rencontrés par l’utilisateur ou par le secteur privé. Raison pour laquelle, le directeur de l’Isra estime qu’il faut un continuum pour que les producteurs accèdent aux résultats de la recherche pour se les approprier. ‘Nous devons avoir une recherche pilotée par la demande et non pour satisfaire une curiosité scientifique. Au Sénégal, on avait toujours eu des acteurs qui se chargeaient de vulgariser les résultats de cette recherche, c’est-à-dire l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar)’, fait-il remarquer.

Pour y arriver, Diouf invite les chercheurs à faire de la pré-vulgarisation. ‘Je pense que, de nos jours, c’est au chercheur de mener ses résultats vers son utilisation. Il doit les accompagner pour les présenter au producteur pour lui en expliquer les tenants et les aboutissants’, souligne-t-il.

Par ailleurs, Macoumba Diouf demande au chef de l’Etat de rouvrir les centres de proximité que l’institut avait en milieu rural pour faire une recherche de proximité. ‘Il faut que l’Isra, qui était présent dans toutes les zones agro-écologiques retrouve ses marques et qu’il y ait même des créations dans les nouvelles régions comme Matam et Kédougou qui ont leur spécificités’, fait-il remarquer. En outre, Macoumba Diouf, qui pense que l’adoption d’une technologie a un coût, invite les bailleurs de fonds et les décideurs politiques à accompagner l’adoption des résultats de la recherche dans le processus en appuyant les producteurs afin de les mettre dans les conditions de pouvoir accéder aux intrants et aux semences de qualités produites par l’Isra pour leur permettre de transformer les résultats de la recherche en espèces sonnantes et trébuchantes. ‘Tant qu’on n’a pas transformé une innovation technologique en opportunité d’affaire, la mission n’est pas encore accomplie’, est-il persuadé.

Seyni DIOP
Wal Fadjri

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