Recommandation de la vice-présidente de la Bm pour l'Afrique : ‘Transformez les économies pour atténuer les effets de la crise mondiale’



Diversifier les sources de croissance, poursuivre les réformes et renforcer la bonne gouvernance, tels sont les trois leviers que les pays africains devraient actionner en même temps s’ils veulent se sortir des effets de la crise économique mondiale, selon la vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique.

La vice-présidente de la Banque mondiale pour l'Afrique, Obiageli Ezekwesili, a invité les pays africains à tirer profit du ralentissement de l'activité économique mondiale pour transformer rapidement leurs économies, en diversifiant les sources de croissance, en poursuivant les réformes et en renforçant la bonne gouvernance. C’était le 4 avril dernier à Lusaka. Prenant la parole au forum consultatif national dit ‘Indaba’ qui s’est ouvert samedi à Lusaka pour évaluer l'impact de la crise économique mondiale sur la Zambie, Mme Ezekwesili a déclaré que cette transformation des économies n’est possible qu’avec la manifestation d’une volonté politique aux plus hauts niveaux des Etats. La transformation dépend également d’un engagement des leaders et citoyens à choisir de bonnes politiques afin d’atteindre des résultats tangibles de développement.

‘Trop souvent, j'entends des leaders me dire que leurs pays se développeraient plus rapidement s'ils disposaient de plus de ressources. Mais les ressources, sans une bonne politique de développement, ne peuvent garantir la réussite. Si les politiques sont idoines, les ressources ne manquent pas de suivre’, a affirmé Mme. Ezekwesili dans un communiqué de l’institution parvenu hier à la rédaction. Les pays africains, a-t-elle dit, doivent poursuivre les réformes pour créer un environnement propice pour les investisseurs, autant locaux qu’étrangers. ‘Une fois la crise actuelle terminée, les investisseurs étrangers reviendront, mais ils seront prudents et investiront d'abord dans les pays qui auraient gardé le cap sur les réformes lancées auparavant’, a-t-elle ajouté. Mme Ezekwesili a expliqué que les investisseurs seraient également intéressés par les pays qui auraient démontré une volonté réelle de renforcer la bonne gouvernance et d’instaurer un Etat de droit.

Bien que la crise mondiale ne soit pas originaire de l’Afrique, le continent n’est pas resté indemne, a noté Mme Ezekwesili. Selon elle, l'Afrique fait les frais de la crise mondiale avec notamment la réduction des investissements et la chute rapide des cours de matières premières. La situation est encore plus dure pour les pays qui dépendent d'un seul produit. Eu égard à cette situation, elle a invité les pays africains à tout faire pour amortir les chocs économiques futurs, en diversifiant leurs économies. Citant la dépendance de la Zambie à l'égard du cuivre qui a entraîné le pays - du fait des montées et chutes interminables des prix - dans des cycles de boom suivis par des faillites, Mme Ezekwesili a soutenu que la diversification des sources de croissance constitue la seule garantie du développement durable. ‘Imaginez la Zambie sans cuivre ?’ a-t-elle lancé.

Elle a cité l'agriculture comme source importante de croissance que la Zambie, ainsi que d'autres pays, devraient utiliser pour réussir la diversification des économies. La croissance provenant de l'agriculture est quatre fois plus efficace en assurant une augmentation des revenus des pauvres que la croissance provenant d’un secteur autre que l'agriculture, selon le rapport 2008 sur le développement dans le monde de la Banque mondiale. A titre d’exemple, quoique le cuivre ait été une épine dorsale de l'économie de la Zambie, cette matière ne semble pas avoir amélioré les vies des pauvres ruraux.

Cependant, a souligné la vice-présidente de la Banque mondiale, il faudrait bien plus que l’engrais pour développer le secteur de l'agriculture. ‘Le développement de l'agriculture ne dépend pas uniquement de l'agriculture elle-même. Il faudrait aussi des routes, particulièrement des pistes rurales, qui permettront aux fermiers d'accéder à des marchés. Il faudrait l’accès à la téléphonie mobile qui permet aux fermiers d’accéder à l'information du marché pouvant leur permettre d’obtenir le meilleur prix pour leurs produits’, a-t-elle dit.

Leçons des Iles Maurice

L’appel lancé par Mme Ezekwesili en faveur de la diversification et la mise en œuvre des politiques appropriées a été soutenue par un représentant des Îles Maurice à l'Indaba, qui a expliqué le succès économique de son pays par les changements des politiques aux moments idoines et la transparence dans la mise en œuvre des réformes. Dev Chamroo, directeur de la planification au Conseil d'investissement des Îles Maurice, a déclaré que le changement des politiques visant la diversification de l’économie en 1998 lorsque le secteur de la canne à sucre représentait 98 % du Pib du pays, avait permis de réduire cette dépendance à 3 % en 2008. Les Îles Maurice ont diversifié le secteur de la canne à sucre en s’orientant vers d’autres sources de croissance comme le secteur des nouvelles technologies de communication, du tourisme et des textiles. Le pays a également modifié les politiques et lois pour faciliter la conduite des affaires dans le pays. Le rapport ‘Doing Business 2009’ de la Banque mondiale constate le succès de ces réformes en classant les Îles Maurice à la toute première place des pays réformateurs en Afrique.

Abdoulaye SIDY
Wal Fadjri

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Economie du développement


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